Dossier : Driver (Driver 1, Driver1)

DRIVER, la naissance d'un genre.

Jaquette driver 1Qui ne se souvient pas de ses séries américaines, avec ses courses poursuite ÉNORMES ?
Starsky et Hutch, Bullit, Shérif fais-moi peur...
Ces séries où les bons et les méchants s'affrontent à bord de bolides des 70's ?

Ces séries dont le succès était dû au bonheur de voir ce qu'il était interdit de faire dans la vie réelle. Chaque conducteur rêvait un jour de pouvoir rouler à fond sur des routes noires de monde ou de tout casser sur son passage en échappant à la police ! Définitivement, un chauffard sommeille en chacun de nous.

Ces courses poursuite si jubilatoires, où le bon est intouchable face à ses écarts de conduite car son but ultime est de mettre dans le décor la voiture du poursuivant un peu trop intrépide, c'est ce que Reflections venait d'inventer sur PS1 !
Récit d'un jeu qui à marqué son époque et qui, 11 ans plus tard, n'est toujours pas tombé dans l'oubli.

30 juin 1999

Une date que tout fan incontesté de la série se doit de connaître. En effet, c'est ce jour là, et sans dérapages (non contrôlés), que Driver s'inscrit en lettres d'or dans la légende du jeu vidéo, tout droit sorti de chez Reflections Interactive, studio ayant déjà fait ses preuves sur la série des Destruction Derby.

Mais est-ce que Driver est vraiment une révolution où est-ce ce site qui tente de rallier de nouvelles recrues dans sa secte démoniaque ? Et bien non, Driver : YATW (You Are The Wheelman) est bel et bien une consécration vidéo-ludique, un must-have. À l'époque, c'est la révolution, nous sommes pour la première fois catapulté dans une ville entièrement ouverte, tout en 3D. Les épris de libertés et de courses poursuites spectaculaires découvrirent alors un nouveau monde : celui d'un gameplay inédit, frais et franchement fun !

Pour la fiche technique, Driver propose 4 villes urbaines (Miami, New-York, Los Angeles et San Francisco) de tailles plus ou moins grandes - rappelons que tout ceci se passe sur PS1 - remplies de longues rues se rejoignant en carrefour rectilignes (les virages en courbes arriveront plus tard). Il existe même une 5ème ville cachée très difficilement accessible sur PS1 mais aisément sur PC. Celle-ci n'étant pas terminée, elle possède son lot de bugs loufoques et représente (en partie) Newcastle, la petite ville du studio Reflections.

Dans le jeu, le clipping sera sûrement votre meilleure ami, mais arriver en 1999 à animer et gérer une ville ouverte en 3D remplie de voitures était une prouesse assez impressionnante vu les capacités techniques des consoles de l'époque. Quelques mois plus tard - le 30 septembre - Driver sorti sur PC, ce qui permit aux fans de faire quelques modifications (changer la vitesse des voitures, leur comportement, changer les textures des voitures ou des bâtiments...). Depuis des outils ont même vu le jour pour modifier le jeu plus facilement.

Driver 1 loading screen

Le scénario n'est pas le point fort de ce Driver premier du nom car on se retrouve avec un ersatz de films d'action américains où notre mission est de sauver le président des Etats-Unis qui a été enlevé, rien que ça ! Le scénario n'est pour finir qu'un prétexte pour proposer au joueur de nombreuses missions allant de la filature à la course poursuite vrombissante. Elle se traduira par deux styles de jeu avec une différence simplistes mais qui change complètement le gameplay : une fois vous serez le chasseur, une autre le chassé... Et échapper à un troupeau de voitures de polices enragées, croyez-moi pour l'avoir vécu, c'est hardu ! Driver est d'ailleurs un jeu qui "aime" la difficulté, qui la cultive.
Concrètement, elle va se matérialiser dans certaines missions – pas toutes heureusement ! – par un ennemi de taille à affronter qui viendra souvent vous barrer la route : le temps. C'est clair, certaines missions doivent être terminées en un temps bien précis (le rapatriement de son gang à sa planque par exemple). Le temps qu'il ne faut pas dépasser pour réussir la mission semble la plupart du temps, sans mauvais jeux de mots, chronométré ! Ainsi, vous échouerez souvent à quelques mètres de votre objectif, puisque apparemment 10 secondes supplémentaires ne peuvent être alloués par le jeu pour la réussite de votre mission.

Une mission culte

Driver 1, le parkingMais au delà de cette contrainte temporelle, le gameplay vous demandera aussi de mettre à l'épreuve votre talent de conducteur. Et cela commence très vite, vu que la toute première mission est certainement l'une des plus dures du jeu ! Vous êtes dans un parking, le chef du gang dans lequel vous devez entrer est assis à coté de vous et vous devez effectuer en un temps record (de nouveau !) avec votre voiture des manœuvres ardues pour prouver vos talents.
Bien sûr, le parking est garni de voitures et vous ne pouvez ne toucher autre chose que la route à peine 3 fois auquel cas la mission est un échec. 180° arrière, dérapage, demi-tour, tour du parking, zigzag... Tels sont toutes les manœuvres que vous devez accomplir sans aucune explication sur leur signification; tout le monde ne sait pas ce qu'est un 180° arrière (ce qui est en fait un demi-tour lorsque vous êtes en marche arrière).

Heureusement, la mission passée la difficulté diminue avec quand même quelques points chauds parsemés dans l'aventure et qui peuvent en rebuter plus d'un. Driver est donc un de ces jeux qui veut du joueur une conduite parfaite, maîtrisée presque réservé au Hardcore Gamer mais qui permet aussi de nous faire exploser de joie lorsque qu'une mission recommencée une cinquantaine de fois est enfin réussie, avec 0,5 secondes restantes au compteur ! Et croyez moi de nouveau, ça m'est arrivé très souvent !

Mode réalisateur

Mode réalisateur driver 1Un autre élément de Gameplay, cette fois-ci facile à maîtriser, et très apprécié des joueurs de l'époque et d'aujourd’hui, c'est bien sûr le fantastique mode Replay. En somme, lorsque vous jouez le jeu ne se limite pas à vous délivrer une horde de policiers enragés et des objectifs presque impossibles à réalise, il va en plus de ça sauvegardez sournoisement toutes vos actions pour que vous puissiez les revoir après. Mieux encore, vous pourrez même en faire des montages vidéos en plaçant vous même vos caméras.
Cet élement de gameplay fort apprécié des fans sera évidemment repris dans les opus suivants de la série sauf le dernier en date (Driver Parallel Lines), pour des raisons techniques (ce qui n'empêcha pas le mécontentement des fans). Car oui, le jeu ne peut pas se permettre de gérer tout ça et en plus de sauvegarder une trentaine de minutes de votre jeu ! Il se limitera donc à 2/3 minutes, le temps d'une mission courte ou alors d'un mode survie.
Un mode survie ? Oui, derrière ce nom étrange se cache un des nombreux mini-jeux que propose Driver : un mode où vous commencez toujours au même endroit dans la ville de votre choix et qui consiste à tenir le plus longtemps possible face à une horde déchaînée de voitures de polices voulant votre peau ! Rassurez-vous, dépassez la minute sur ce mini-jeu est déjà très bien vu la difficulté apportée par les voitures de polices qui n'hésitent pas à foncer sur vous pour casser votre voiture !

Il y a aussi le classique Mode Poursuite, un autre qui consiste à écraser des cônes dispersés dans la ville dans un temps limite et bien d'autres encore à découvrir !

Tanner, mon héros

Le héros de ce Driver – et des 2 opus qui suivront – s'appelle Tanner, un flic infiltré dans la mafia qui se comportera comme un véritable truand mais... De quel coté Tanner penche-t-il réellement ?

Vous infiltrerez un certain nombre de gang en quête d'informations quant à la position du président kidnappé en faisant le boulot de chauffeur : chercher les membres de votre gang après un cambriolage puis les amener dans un endroit sûr, s'échapper d'une embuscade lors d'une livraison...

Répondeur de DriverCe que Driver réussit certainement le mieux à faire, c'est de transposer le joueur dans une ambiance seventies bien maîtrisée ! Le choix des musiques est évidemment très important dans la réussite de cette dernière, ainsi que l'originalité de l'attribution des missions : un répondeur téléphonique où vous devrez écouter les messages pour choisir dans l'ordre que vous voulez la mission à effectuer. La petite touche amusante est que le répondeur fournit aussi son lot de faux messages et d'injures ce qui donne aussi un cachet plus réaliste à Driver.

Bref, Driver, c'est un peu le fils spirituel de tous ces grands films et séries hollywoodiens qui nous plongent dans de grandes poursuites éreintantes, tentant d'échapper à des forces de police déterminées à vous arrêter coûte que coûte. C'est aussi le principe de zigzaguer à travers le trafic tel un Starsky et Hutch du dimanche pour poursuivre un sombre individu ou pour échapper à un terrible traquenard organisé par des malfrats. Il y a aussi une forte inspiration du film Bullit, ce qui est un bel hommage vu la qualité des deux entités.

Driver donna aussi naissance à un nouveau genre : celui du Driver-Like, celui de l'exploration libre dans un monde en 3D. Même si le personnage n'était au final qu'une voiture, le jeu comportait un nombre important de véhicules pour y palier tout en apportant une certaine diversité !

Aujourd'hui ce terme n'est presque plus utilisé bien que The Wheelman, sorti en 2009, aurait pu être défini de Driver-Like même si on ne peut pas vraiment parler de réussite... C'est plutôt le terme GTA-Like qui a été plébiscité par de nombreux jeux et avec lequel Driver entretient de nombreuses similitudes : ville ouverte, combat joueur/police. Même si la classe de Driver dans les dérapages et la conduite se devant d'être parfaite sera délaissée au profit du trash, du politiquement incorrect par GTA.

Driver premier du nom est donc le jeu qui lança la série à plein régime en mettant la barre haute – peut être trop, Reflections n'arriva jamais à reproduire un jeu de cette qualité par la suite, même Driv3r souffre de la comparaison.

Thank you Tanner, you are definitely the Wheelman !

Dossier écrit par Vortex pour Driver-Dimension.com - 2010